2E SEMINAIRE B.A.BAR – 11/12.06.2001 Jacinthe Dupré Savoy, orthophoniste A.L., atteinte d'autisme infantilePrésentation des résultats A.L. est une fillette âgée de 8 ans, atteinte d'autisme infantile impliquant un grave trouble de langage et de communication. Au début de l'intervention orthophonique en 1998, elle présentait un semi- mutisme associé à de l’écholalie différée (ex. "ça suffit!", "attention", "debout"...) Elle n’utilisait que très rarement ces quelques formes plaquées pour communiquer. Nous avions alors fixé, entre autres, l'objectif d'utiliser un mot, un signe ou un symbole pour communiquer ses besoins et désirs. Comme elle commençait à accepter de produire des conduites de pointages en situations de demandes, nous avons voulu tenter l'utilisation de pictogrammes pour communiquer ainsi que l'essai d'une téléthèse. Les principaux objectifs fixés furent: 1. Expansion du lexique réceptif-expressif Nous avions un peu plus de 200 "mots" avec codes barre pour les besoins de l'école et de la maison (personnes, activités, objets, couleurs, lieux, nourriture, sentiments etc.) Résultats : très positifs. D'un lexique expressif de moins de vingt mots, elle est passée à un répertoire supérieur à 130 mots (estimation). Nous en sommes à la compilation et à l'analyse détaillée des résultats. Il est toutefois à noter que vu son trouble de l'initiation, elle ne les émet que peu spontanément mais est capable de les produire, par exemple, en complétion elle peut dire "contente" si nous commençons la phrase "je suis_____".De plus sa capacité d'imitation spontanée a étonnamment évoluée. Elle arrive à répéter la plupart des mots cibles alors qu'auparavant elle en était incapable. Pour les mots qu'elle parvient à dire spontanément ou en complétion, nous en sommes à retirer les codes barre et l'inciter à les produire d'elle même. Nous avons notés que l'apprentissage des mots était en lien direct avec leur fréquence d'apparition en contexte de communication. Par exemple, elle ne n'identifie pas tous les pictogrammes d'aliments car ne s'est servie de certains que lorsqu'elle allait en commission. De plus, elle a appris des nouveaux mots et formules sans l'aide BAbar (ex. des noms d' instruments en musicothérapie) 2. Augmentation de la fréquence d'utilisation des mots connus en situation de communication (ex. encore, aide, fini, donne, bonjour, merci ...) Résultats: BAbar a été peu utile et plus vécu comme une entrave à la spontanéité. Cet objectif se travaillait plus facilement avec d'autres moyens de facilitation comme lui fournir le début du mot car elle n'avait pas le réflexe de prendre BAbar et de toucher les touches de messages rapides en situations naturelles de communication. 3. Faire des choix. L'enseignante a commencé par le choix de "la chanson du jour" dans un classeur avec le code barre où était enregistré la chanson ou la comptine. Résultats: Elle arrive maintenant à choisir une chanson dans le répertoire (elle avait tendance à tourner toutes les pages). Elle peut maintenant dire le titre, sans BAbar, et chanter ou réciter toutes les chansons et comptines qui étaient enregistrées (22). Il est à noter qu'elle possède un classeur répertoriant les pictogrammes (avec codes barre) et qu'elle a passé beaucoup de temps seule à les écouter et à les apprendre. Elle a aussi d'elle-même appris à sélectionner les cassettes audios et vidéos qu'elle possède à la maison. Nouveaux o bjectifs à travailler : Faire des choix d'activités et apprendre à s'organiser dans le but d'acquérir une certaine autonomie. Elle affichera ses choix d'activités sur son horaire de la journée. 4. Relater un événement significatif. Les photos des activités significatives figuraient dans son cahier de communication. Résultats: Elle est retournée fréquemment d'elle-même à son cahier et y a pris plaisir. Ce dernier a été principalement utilisé pour les communications entre la maison et l'école mais, sans l'intention de la part de A. de partager ses intérêts Nouveaux o bjectifs à travailler: Raconter ce qu'elle a fait (cahier de communication), a aimé ou pas aimé. A. pourra coller ou insérer elle- même les pictos/photos dans son cahier. Construction de phrases simples de type "sujet- verbe- objet" pour décrire des activités significatives à l'aide de codes barre collés sur la photo (ex "moi" + "joue" + "tambour") Conclusion: L'utilisation de BAbar a permis des apprentissages fabuleux pour cette enfant qui n'en serait qu'à quelques mots de plus sans ce dernier. De plus, elle a pris beaucoup de temps seule avec BAbar à passer en revue son répertoire, ce qui n'aurait pas été possible avec une téléthèse "traditionnelle". Nous avons parallèlement observé des effets secondaires positifs, par exemple, au niveau de l'interaction avec ses pairs, elle commence à leur dire bonjour, leur faire des demandes et les prend plus en compte. Elle présente moins de comportements perturbateurs (cris), son seuil de frustration est plus haut et elle gère mieux les changements dans ses routines. Jacinthe Dupré Savoy, orthophoniste
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