Application et évaluation du système B.a.Bar, comme soutien mnésique et attentionnel de l’action dans les tâches et séquences informatiques, au Centre « La Famille ».S. Lamy Nous rappelons que le patient D. est âgé de 35 ans et présente une infirmité motrice cérébrale avec hémiplégie spastique droite. Son infirmité ne l’empêche cependant pas de se déplacer seul. Par ailleurs, D. souffre de troubles dysarthriques importants qui lui permettent toutefois de s’exprimer de manière intelligible. L’utilisation du système B.a.Bar nous semblait être un moyen intéressant, notamment pour pallier les difficultés mnésiques et attentionnelles de notre patient, qui apparaissaient lors de la mise en place des différentes étapes liées à la manipulation de l’ordinateur : l’accès et l’utilisation des programmes l’attirant, le décodage des icônes et la lecture des informations apparaissant dans le programme « Word ». Nous avons tout d’abord poursuivi l’évaluation de ses capacités mnésiques et attentionnelles de manière à pouvoir les préciser. Cette investigation nous a permis de mettre en évidence un déficit de la mémoire à court terme verbale et visuelle – la mémoire à long terme visuelle étant préservée. Nous notons également, pour la mémoire à long terme, un processus de récupération de l’information verbale déficient. Cependant, « l’indiçage » de type verbal comme visuel favorise ses capacités de récupération, ce qui nous a semblé être un élément non négligeable pour l’utilisation du système B.a.Bar. Notre patient gère à présent parfaitement les différentes étapes d’accès et d’utilisation du traitement de texte du programme « Word » (dans une situation de copie de langage écrit). L’impact de l’utilisation de ce système s’est fait sentir de plusieurs manières : au niveau cognitif ainsi qu’au niveau de son intégration sociale. L’utilisation du système B.a.Bar, comme soutien mnésique, lors de la manipulation de l’ordinateur par notre patient n’a pas été un obstacle. Étant très attiré par tout ce qui est manuel et concret, D. n’a manifesté aucune réticence face à son usage. Nous avons créé un tableau reprenant les codes barres, de même que la succession des étapes et, pour chaque étape, l’icône correspondant (c’est-à-dire un indice visuel) et le texte qui y était parfois associé (ex. : ! Disquette 3 _ [A :] ). La séquence des étapes permettant l’accès au programme Word était problématique chez D. Aujourd’hui, il n’éprouve plus de difficultés dans le respect de la séquentialité de ces différentes étapes. De plus, il est capable de rappeler leur succession pour accéder au programme et ce, en dehors de tout contexte informatique. Ce système lui a donc permis d’accéder à un domaine plus abstrait. Lors de la manipulation de l’ordinateur et de ce système, D. n’était pas seul. En effet, à chaque utilisation, il lui fallait une présence qui le rassurait mais ne participait en rien à son activité. Ce tiers, introduit dans sa relation avec la machine, avait pour seule fonction l’observation et non l’intervention. Par ailleurs, cette personne constituait une transition adéquate pour lui permettre d’accéder à un plus grand degré d’autonomie. L’impact social du système chez notre patient a été flagrant. En effet, le système B.a.B ar a apporté à D. une certaine autonomie dans une activité intellectuelle particulière. De plus, l’utilisation de cet instrument l’a conduit à demander une aide dans d’autres tâches intellectuelles comme la lecture, par exemple. Suite à ses progrès, il n’est donc pas impensable qu’il puisse quitter B.a.Bar, pour ce qui concerne notre objectif actuel, dans quelques semaines pour retourner à l’ utilisation du système dans d’autres situations. Par ailleurs, il ne faut pas négliger non plus la valorisation sociale que ce système lui a procurée. Il a montré qu’il était capable d’évoluer dans des tâches plus abstraites, moins manuelles. En outre, le simple fait de savoir qu’un système de ce type allait pouvoir l’aider a permis à notre patient de progresser spontanément. L’observer et le tester (du point de vue de la mémoire) avant toute utilisation du système a poussé D. à prendre conscience de ses difficultés et à y prêter plus d’attention. L’impact de l’introduction de ce système lui a été extrêmement bénéfique à la fois dans une perspective d’évaluation et de remédiation. Responsable : S. Lamy Chefs de projet : S. Lamy et M. Van Lil Référence : D. Foucart
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