2E SEMINAIRE B.A.BAR – 11/12.06.2001 Expérimentation de B.A.Bar auprès de 3 enfants ayant une déficience mentalePrésentation réalisée par A. Baechler en séance plénière, avec montage PowerPoint Titre et présentations (diapos 1 à 6) L'équipe de travail est composée - de 3 enseignantes. Elles ne sont pas parmi nous aujourd'hui. - de la logopédiste - de Jan Schönbächler, étudiant à l'Université de Fribourg et qui fait son travail de mémoire sur le sujet qu'il vous présentera tout à l'heure, à savoir "B.A.Bar favorise-t-il les interactions entre enfants ?" - de moi-même, animateur pédagogique. Vous retrouverez dans les actes nos réflexions sur cette expérimentation. Je profite donc ici de traiter de façon particulière un ou deux points. Le monde du handicap mental est vaste et vous entendrez ou lirez des résultats assez différents à propos de l'expérimentation de B.A.Bar auprès de cette population. Ce que nous décrivons ici ne concerne que 3 enfants et de plus qui ont des handicaps surajoutés. Objectifs individualisés (diapos 7 à 12) Nous avions des objectifs particuliers pour chacun de ces enfants en débutant l'expérimentation. Comme nous allons le voir, les résultats ne sont guère significatifs. Il y a sans doute eu des progrès, mais ils sont minimes et il est difficile de les attribuer à l'utilisation de B.A.Bar. Augmentation du vocabulaire en production : Peu de mots nouveaux sont apparus. Amélioration de sa parole : Peu de répétition spontanée, sauf quelques mouvements des lèvres, ou répétition très éloignée du modèle. Leur prononciation n'a pas vraiment changé durant cette période. Nous reprendrons tout à l'heure l'entraînement d'Albert à ce sujet. L'amélioration de la structure des énoncés (sujet – verbe – objet) est encore insuffisante : il manque des éléments indispensables à la compréhension du message ; certains énoncés n'ont pas de sens ; l'ordre des éléments n'est pas respecté. Elargir ses thèmes de discussion : Il ne suffit malheureusement pas de mettre à disposition un B.A.Bar pour que ces enfants s'expriment sur de nouveaux sujets. Par contre, le sentiment de compétence s'est nettement renforcé chez Albert, et ses pairs reconnaissent en lui un interlocuteur qui a quelque chose à dire. B.A.Bar est reconnu par les autres comme la parole de l’enfant qui l’utilise. Et même s'il n'a pas les mots pour le dire (sans B.A.Bar), Albert ose parfois intervenir auprès d'une personne nouvellement connue pour transmettre des informations, quitte à utiliser plusieurs moyens de communication (gestes, quelques mots, etc.). Objectifs communs (diapos 13 à 14) En plus des objectifs individualisés pour chacun, nous avons poursuivi deux pistes de travail valables pour les 3 enfants et même pour d'autres jeunes des 3 classes. Le premier objectif est : Augmentation des interactions de communication verbales entre les enfants (Jan Schönbächler vous en parle sitôt après mon exposé) Le deuxième objectif commun est : Amélioration de l’autonomie dans les activités d'apprentissage (diapos 15 à 21) - Intérêt et attention de plus longue durée : B.A.Bar est très motivant pour l'enfant, d'où un intérêt prolongé pour l'activité même pour des apprentissages répétitifs. L'enfant est davantage acteur. - Choix spontané d’une activité avec B.A.Bar, alors que plusieurs de ces enfants attendent habituellement qu'on leur propose une activité, on a par exemple vu Josette prendre spontanément un livre codé et son B.A.Bar pour se faire raconter l'histoire. - Diminution des gestes stéréotypés : Avec des enfants qui ont tendance à se perdre dans des stéréotypies, B.A.Bar organise l'action et fait diminuer les gestes parasites. L'appareil doit être positionné correctement sur le code-barre pour qu'il le reconnaisse. Même si on rêve d'une plus grande miniaturisation et d'une lecture encore plus aisée des codes, la recherche de la bonne position a du bon. Le niveau de vigilance augmente sans que le geste n'empêche l'enfant d'écouter le message sonore en lien avec l'activité. De plus, lorsque l'enfant fait parler son B.A.Bar, il met une distance entre lui et l'adulte. Par exemple, un des enfants se perd moins dans le regard de l'adulte dans cette situation. - Suivre des consignes pour un travail sur fiches : Chez deux des enfants, l'autonomie dans l’activité ne s'est guère améliorée. Aucun ne parvient à faire lire par B.A.Bar l'unique consigne et la réaliser, et encore moins à écouter les consignes liées à chaque étape de l'activité dans le bon ordre afin de poursuivre l’activité en cours. - Voici un exemple de fiche où il faut tracer tous les objets qui ne sont pas de la vaisselle. A propos d'autonomie dans l'activité, Albert est arrivé par contre à une performance étonnante : - Si on met à sa disposition des pictogrammes représentant les 4 objets à rassembler pour réaliser l'activité cuisine, il ne parvient à n'en apporter que 2. - S'il a les codes-barres et B.A.Bar en plus des pictogrammes, non seulement il apporte les 4 objets nécessaires, mais il contrôle encore chaque objet en réécoutant les messages sonores. On pourrait penser que les images devraient lui suffire puisqu'il les reconnaît parfaitement et peut associer l'image et l'objet. Alors pourquoi une telle différence ? - Entraînement autonome de la répétition de mots : Alors que les deux autres enfants ne font guère de progrès dans ce domaine, Albert profite de B.A.Bar. Nous analysons cela plus en détail. Entraînement autonome de la répétition de mots (diapos 22 à 31) La logopédiste pense qu'avec beaucoup de répétitions, Albert parviendra à mieux se faire comprendre. Cependant, il faudrait éviter que les séances hebdomadaires ne servent qu'à la répétition. Et si B.A.Bar pouvait prendre le relais ? - Premier essai : Un code-barres avec le mot prononcé normalement. Les premiers essais ne sont pas concluants, car Albert ne prononce pas toutes les syllabes. Il ne redit que la première ou la dernière. On ne peut donc toujours pas le comprendre et cette répétition est néfaste. - Deuxième essai : Un code-barres par syllabe. On lui propose alors un cahier avec plusieurs mots découpés en syllabes, puis redis en entier. Chaque syllabe est prononcée sous un code-barres et représentée par une partie de l'image. Mais avec son B.A.Bar, Albert saute d'un code à l'autre, sans aller de gauche à droite et cela malgré le carré vert marqué dans la marge pour indiquer là où il faut commencer. - Troisième essai : Un code-barres unique pour le mot avec séparation des syllabes. La logopédiste a alors l'idée de tout rassembler sous un seul code-barres en laissant un délai entre chaque syllabe. L'enfant répète chaque son et nous montre qu' il peut s'entraîner seul, même en classe. - Images pour comparatif : Voici les 3 mots qui vont servir pour comparer la prononciation suivant le modèle utilisé. - Tableau comparatif : Vous allez entendre plusieurs fois le même mot prononcé au cours de la même séance : - En premier lieu, on ne donne aucun modèle verbal à l'enfant. Il doit donc dire le mot uniquement en reconnaissant l'image. - Viennent ensuite deux colonnes où le modèle verbal est proposé en prononçant le mot entier, une fois par la logopédiste (= adulte) et une fois par B.A.Bar. - Puis deux colonnes où chaque syllabe est séparée de la suivante par un délai permettant à l'enfant de la répéter aussitôt. Là aussi une fois l' adulte et une fois par B.A.Bar. - Enfin, nouvel essai de prononciation sans le modèle. - Projet possible : Raccourcir le temps entre les syllabes pour aboutir à la liaison. Vous avez pu constater les progrès réalisés durant la même séance. Il reste cependant deux problèmes : - Le premier c'est qu'il faut parvenir à une prononciation "coulée" des mots et non "hachée" en syllabes. Une idée pour y parvenir serait de raccourcir progressivement le délai entre chaque syllabe. - Le second problème est que les effets de l'apprentissage s'estompent très vite et que seule la répétition régulière permet la prononciation correcte de mots entraînés. Nous l'avons vu pour quelques mots utilisés très fréquemment. D'où l'utilité de B.A.Bar pour cet apprentissage ! Merci de votre attention ! Je passe maintenant la parole à Jan Schönbächler A.Baechler 04.06.2001
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