Revenir à la page d'accueil
bigger smaler reset
  • Français
  • Deutsch
  • Italiano
  • English
     
Welcome arrow Products arrow Publications arrow Expérimentation de l'écran tactile avec 11 personnes présentant



Expérimentation de l'écran tactile avec 11 personnes présentant

F112.pdf

Price:  Call for Pricing(incl. TVA)



  

télécharger ce fichier 

Travail rédigé par M. André Baechler
Animateur pédagogique
La Castalie – Centre médico-éducatif, Monthey

Expérimentation de l'écran tactile
avec 11 personnes présentant un
handicap physique important

Période du 28 août au 7 septembre 2001
1. CE QUE LE SYSTEME PERMET OU POURRAIT PERMETTRE A CES PERSONNES
Les 11 personnes choisies pour cette expérimentation ont :
- des problèmes moteurs importants (très grande spasticité des bras et des jambes ou
parfois athétose, maintien de tête souvent difficile, peu de contrôle du tronc, etc.),
- des problèmes visuels (strabisme, nystagmus, myopie, etc.) mais paraissant pas trop
graves pour tenter l'expérience,
- de gros problèmes de communication pour la plupart,
- de grandes difficultés dans les apprentissages scolaires (lecture, calcul, classification, etc.).
Nous avions déjà réalisé des essais fin mars 2001 avec le Visioboard auprès de 8 personnes
et en mai – juin avec le HeadMouse avec 13 personnes (voir les rapports y relatifs).
Connaissant l'existence de l'écran tactile, nous voulions encore tester ce système, bien que
nos espoirs soient faibles en regardant les possibilités motrices des utilisateurs. Nous n'avons
pas tenté l'expérience avec une adolescente et un adulte dont les mouvements volontaires
des bras sont quasiment impossibles.
Si l'on s'en tient uniquement aux mouvements autonomes des utilisateurs, l'écran tactile reste
effectivement un système peu performant, sauf pour 3 personnes. Par contre, si
l'accompagnant soutient la main de la personne handicapée, les résultats dépassent très
largement tous nos espoirs. On peut alors constater que le mouvement s'améliore au point de
devenir précis, plus harmonieux et plus rapide. Il devient possible, pour ces personnes
d'aborder des activités jusque là inaccessibles. Il semble que le fossé entre la réalisation
incorrecte et les intentions diminue, au point que toutes les personnes ont manifesté un
intérêt soutenu durant près d'une heure et plusieurs d'entre elles ont pu faire des choix
d'activités multiples variant d'une séance à l'autre.
Si l'on reprend les aspects liés aux mouvements, on peut remarquer plusieurs phénomènes
lors du soutien de la main :
- Chez les personnes qui maîtrisent le mieux leur motricité, les mouvements lents et
saccadés habituellement deviennent rapides et souples. Ces personnes cherchent à agir
par elles-mêmes lorsque la tâche ne demande pas une grande précision et recherchent
notre aide pour les tâches plus ardues.
- Chez les personnes ayant une forte spasticité ou une athétose marquée, nous avons
trouvé trois situations différentes. D'une part un geste au départ très crispé, la personne
parvenant à se détendre à la demande après quelques secondes, suivi d'un mouvement
bien marqué dans la direction voulue. D'autres fois, nous ressentons le bras de la
personne complètement mou et il faut attendre, voire encourager la personne, pour que le
mouvement puisse être ressenti avec assez de netteté. Enfin, il arrive aussi souvent que le
mouvement parte dans la bonne direction et qu'il se bloque en cours de trajet, parfois à
quelques millimètres de l'écran.
- Il faut parfois compter avec un temps de mise en train de plusieurs minutes en début de
séance. La seconde partie des séances a chaque fois été plus efficace pour le contrôle du
mouvement.
- Un autre phénomène qui nous a paru intéressant est le fait que le regard n'accompagne
pas toujours le déplacement de la main, même si le mouvement est précis (surface de
pointage de 1 cm2 environ). Nous avons pu remarquer que souvent le regard a pointé très
rapidement sur la zone de l'écran avant le départ du geste. D'autres fois, le mouvement va
un bout, le regard revient sur l'écran, puis le mouvement continue.
- A plusieurs reprises, lors d'un "blocage", il a suffi de demander s'il manquait une
explication ou s'il fallait faire une proposition, puis de les donner, pour que le geste
redevienne clairement perceptible. En d'autres occasions et surtout avec une personne, le
mouvement volontaire n'a été perçu que lorsque l'activité a changé (manque d'intérêt pour
ce que nous lui proposions au départ ?).
2. REGLAGE DU SYSTEME EN FONCTION DE L'UTILISATEUR
Comparé aux autres systèmes testés, c'est le moyen le plus simple à mettre en oeuvre. Au
départ, il faut positionner correctement la personne pour que son mouvement puisse
atteindre toute la surface de l'écran. La solution testée avec un support réglable en hauteur,
latéralement et en inclinaison s'est avérée très efficace. Seule la hauteur était parfois trop limite
au minimum et nous avons dû surélever la personne d'une dizaine de centimètres. Par la
suite, il suffira donc de rendre un peu plus souple le réglage en hauteur. La stabilité du
système était parfaite et même lorsque la personne s'est crispée sur l'écran lors d'un spasme,
tout a bien résisté.
Divers réglages sont possibles pour la souris, le clic, le double-clic et le drag-drop. De ce fait,
tous les logiciels testés ont pu être utilisés.
3. UTILISATION DE L'ECRAN TACTILE AVEC DIVERS LOGICIELS
Le programme OuVasTu – petites images
Cette partie du programme, qui consiste à cliquer sur 8 zones colorées et carrées de 7.5 cm
de côté pour découvrir une image, nous a servi au départ, pour chaque personne, afin de
tester les possibilités d'action autonome. Nous avons pu constater très rapidement les zones
les plus accessibles, les problèmes de tremblements lors du clic, l'approche avec le poing
fermé ou la dissociation partielle d'un ou plusieurs doigts pour pointer, le temps nécessaire
pour lancer le mouvement et atteindre les différentes zones, etc. Cette activité, d'un niveau
logique très simple, a été réussie, au moins partiellement, par la grande majorité des
personnes. Le plus gros problème a été de ne pas cliquer deux fois de suite au même endroit,
ce qui fait disparaître l'image. Des mouvements, même très grossiers, permettent de cliquer
après plusieurs essais sur ces grosses zones sensibles.
La Poule aux OEufs d'Or
Ce programme assez simple et intuitif pour l'approche du nombre jusqu'à 10 a beaucoup été
utilisé durant l'expérience et a été demandé spontanément à plusieurs reprises. Activité déjà
connue de plusieurs utilisateurs, son aspect animé entretient l'intérêt. Pour nous, ce logiciel a
présenté divers avantages : les zones à cliquer sont visiblement bien délimitées, le clic en
dehors des zones non sensibles ne porte pas à conséquence, l'utilisateur peut choisir
plusieurs façons de faire. Ce dernier point est très important car il nous a montré que les
différentes personnes avaient des stratégies variées : choix des nombres, placement des
coquetiers (un à un, selon le nombre d'oeufs pondus, tous à la fois), etc.
Les Martiens
Ce programme de calcul, qui ressemble au précédent, mais plus difficile a aussi beaucoup été
utilisé lors de ces expérimentations, notamment avec les adultes. Pour ce logiciel, il a été
nécessaire de donner de l'aide, notamment pour une estimation du nombre de martiens à
mettre dans chacune des 4 soucoupes à disposition. Spontanément, à part une personne, les
utilisateurs avaient tendance à mettre trop de martiens à la fois. Nous avons pu constater à
plusieurs reprises une correction spontanée de ce problème lors du deuxième essai !
Imagic
Ce logiciel de dessin a été utilisé pratiquement à chaque séance, à quelques exceptions près,
soit pour préparer des surfaces à remplir (cercles plus ou moins grands et placés à divers
endroits de l'écran, visage ou maison à colorier avec ou sans choix de la couleur), pour
dessiner des cercles, des rectangles ou des lignes ou encore pour dessiner de manière
spontanée. C'est au niveau motricité l'activité la plus difficile, car, sauf pour le remplissage, il
faut poser son doigt au point de départ et garder appuyé son doigt sur l'écran tout en
déplaçant son doigt ! Même pour nous, cette activité pose problème sur un écran tactile et il
nous arrive de faire des ratés. Sans le soutien de la main, deux personnes sont arrivées à
dessiner des cercles et des lignes d'une certaine dimension et à divers endroits de l'écran.
D'autres, avec le soutien de la main, sont parvenues à utiliser le crayon et ont soit dessiné
selon nos indications en utilisant les divers outils (cercle, rectangle, changement de couleur,
etc.), soit dessiné spontanément à l'aide de l'outil crayon. En particulier deux adultes, dont la
motricité est gravement touchée, ont fait divers essais : l'un a fait des contours toujours plus
grands, puis a entrecoupé ses "cercles" avant d'y mettre de la couleur. L'autre a essayé de
faire des lignes courbes qui se rejoignaient. Il s'arrêtait aux jointures. Ensuite, il s'est exercé à
faire des lignes verticales de plus en plus droites (exercice difficile, même si on a une bonne
motricité !).
A Moi les Paquets (AMP)
Ce logiciel d'aide à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture a été utilisé à plusieurs reprises
et selon le choix de plusieurs utilisateurs. Là encore, en cours d'utilisation, nous avons
constaté des progrès intéressants. En travaillant sur 4 mots dans les 3 activités, le manque de
réussite nous a amené à ajouter le mot modèle comme aide. Lors du deuxième essai, nous
avons pu enlever le mot modèle et la réussite a été presque totale.
Remarques concernant les logiciels
Nous avons utilisé surtout les logiciels décrits ci-dessus. Chaque personne n'a eu au
maximum que 4 séances d'une heure. Nous avons essayé deux CD-ROM concernant les
sciences avec un adulte, dont la vue malheureusement n'est pas suffisante pour bien
distinguer les petites images représentées. Le texte lu l'a beaucoup intéressé
(malheureusement tous les textes ne sont pas lus). Cela nous encourage à chercher des
logiciels apportant une culture générale en relation avec les intérêts d'un adulte, ayant une
présentation imagée de plus grande dimension et si possible avec des vidéos explicatives.
4. PROPOSITIONS D'AMELIORATION DE CET ECRAN TACTILE
Nous devons d'abord relever la très bonne qualité d'affichage de cet écran. Tout reste très
visible, même si on ne se trouve pas en face. La détection du toucher est pratiquement
parfaite. Nous avons plusieurs fois rencontré le problème que c'est l'ongle du doit qui touche
l'écran, ce qui reste sans effet. Ce problème pourrait facilement être résolu en mettant au bout
du doigt un embout en caoutchouc (comme ceux des postiers pour compter les bulletins).
L'installation sous Windows Millenium s'est révélée très simple et nous n'avons rencontré
aucun problème technique.
Il reste cependant quelques problèmes :
- Les câbles sont situés à l'avant de l'écran (en bas), dans un renfoncement du boîtier. Il
nous a fallu les courber et les attacher pour qu'ils ne gênent pas. On peut évidemment
utiliser des connecteurs coudés, ce qui a été proposé par Andréas Cretton. L'idéal serait
que les câbles soient situés à l'opposé (à l'arrière – en haut).
- Les bords de l'écran ne sont pas facilement accessibles, ce qui empêche par exemple de
tirer une ligne jusqu'au bord ou de fermer l'application en cliquant sur la petite croix en
haut à droite de la fenêtre. Il faudrait sans doute réduire un peu l'affichage de l'écran. Le
réglage automatique ne prévient pas ce problème. La souris reste donc indispensable pour
que l'accompagnant puisse aider dans ces cas là.
5. CONCLUSION
Nous tenons à remercier la firme INPUTECH par l'intermédiaire de M. Andréas Cretton au
Bouveret, qui nous a donné l'occasion de tester ce système assez simple d'utilisation et qui
permet de donner à accès à l'ordinateur pour des personnes ayant de graves problèmes
moteurs. Pour eux, ce n'est que rarement un accès autonome à toutes les fonctions de
l'ordinateur, mais cela permet, avec un soutien de la main, des choix et des actions
volontaires qui ouvrent la porte vers de nouvelles activités de formation, de culture et de
loisirs qui vont bien au-delà de ce que nous avons pu réaliser avec d'autres moyens.
Cette expérience nous a montré à quel point la plupart de ces personnes peuvent s'intéresser
à ce type d'activités, alors que par ailleurs elles nous paraissent si handicapées et
"incapables". Il nous reste maintenant à mettre en place des projets qui vont inclure une
bonne part de découvertes intéressantes en fonction des intérêts de chacun.
Monthey, le 18 septembre 2001 André Baechler
Animateur pédagogique
La Castalie – Centre médico-éducatif





 

 

Copyright 2012 Fondation Suisse pour les Téléthèses, la technologie au service du handicap.