Handicap mental et nouvelles technologiesAvant propos Depuis plus de trois décennies pour les personnes handicapées physiques et depuis quelques années dans le domaine du handicap mental, les technologies électroniques et informatiques font l'objet d'applications plus ou moins réussies. Pour les personnes handicapées mentales, les applications les plus fréquentes ont pour but de contribuer à améliorer leurs apprentissages (scolaires ou professionnels) ou encore de faciliter la communication avec leurs semblables, lorsque la parole est difficile ou inexistante et que la relation des uns avec les autres en est affectée. D'une manière générale et si l'on cherche à mettre en évidence ce qui est commun aux projets qui réussissent et à ceux qui échouent, il est possible de décrire les paramètres qu'il convient idéalement de réunir en amont d'un projet dont on souhaite qu'il aboutisse favorablement. Clause du besoin Mettre la technologie au service des personnes handicapées c'est tout d'abord reconnaître que, en amont d'un nouveau projet, l'un ou l'autre des aspects de leur vie doit à l'évidence être amélioré; il s'agit donc d'analyser leur quotidien sous divers angles. Les résultats de cette analyse (qui ne signifie pas encore qu'il existe ou non une réponse "technologique") devraient idéalement faire l'objet d'un consensus entre partenaires; les personnes handicapées (dans la mesure où elles peuvent le faire), leurs parents (ou proches) et les professionnels. De ce consensus naîtra une nécessaire cohésion et compatibilité entre les attentes ou espoirs des uns et les possibilités des autres. Formuler un projet Préciser la nature de ce que l'on va entreprendre, sachant que s'il existe un but idéal, en déterminer les étapes permettra non seulement une approche objective, mais donnera la possibilité aux partenaires d'évaluer plus sereinement les résultats. Quelle attitude ? Trois types de comportements caractérisent, au minimum, les partenaires d'un projet novateur. Le premier est totalement réfractaire à la notion même de nouveauté en général et technologique en particulier. Dans ce cas, il est souvent impossible d'envisager le début d'un projet. Parfois, il suffit de laisser du temps aux réfractaires pour qu'ils entrent dans la deuxième catégorie, les "sceptiques indécis curieux, mais ouverts". Ce type de partenaires acceptera d'entreprendre un projet novateur et d'en assumer les hésitations et les doutes initiaux. Le troisième type se caractérise par un enthousiasme inconditionnel: s'il est initialement agréable de travailler avec ce type de personnes, force est de constater qu'au premier pépin sérieux, il y a grand risque de se décourager et de se retrouver ancré dans le premier type décrit plus haut. Il nous semble que la nécessité d'entreprendre un projet novateur ne devrait pas trouver sa motivation dans la certitude d'atteindre un but idéalement profilé, mais dans la conviction qu'il ne sera pas possible d'espérer obtenir des résultats sans s'y lancer et en accepter le risque inhérent. En conclusion Le progrès de la technologie n'est pas dans la technologie elle-même, mais dans l'application que l'homme peut en faire. L'application de la technologie au monde du handicap peut aussi signifier une réponse au désespoir que, dans certains cas, des parents peuvent éprouver. Il convient donc finalement et fondamentalement de concilier trois notions importantes: HighTech, éthique et Tact Jean-Claude Gabus Fondation Suisse pour les Téléthèses (FST) Neuchâtel novembre 2000
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