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Communication des personnes sans langage verbal

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SÉMINAIRE du 30 septembre 2000
Foyer Culturel de Libramont, Luxembourg

Communication des personnes
sans langage verbal

Le point sur les aides techniques et leur méthode d'application
Jean-Claude Gabus, FST - Suisse
___________________________________________________________________________
A propos...
Communiquer nous est à nous tous essentiel, cela nous le savons! Ne pas être en mesure de
le faire suffisamment bien entraîne une série de dysfonctionnements ou de freins à l'une ou
l'autre des étapes de notre développement ou, dans le cas de situations liées à une pathologie,
à une rééducation.
AAC? -> Communication Améliorée et Alternative (Augmentative and Alternative Communication)
Depuis le début des années 70, nous développons et appliquons non seulement des
technologies, mais aussi et surtout des méthodes d'application, représentant un domaine qu'il
convient de nommer "Moyens améliorés et alternatifs de communication" - AAC.
Ces moyens, faisant ou non appel à des voix électroniques, digitales ou synthétiques,
s'appuient sur l'existence d'une communication que nous proposons d'appeler "originelle". Ce
moyen de communiquer, souvent très limité, s'apparente initialement à celui qui nous permet à
tous et dans les premiers mois de la vie, d'interagir avec notre entourage.
Alors que le sujet "normal" développe et complète cette communication par le langage oral
notamment, le sujet handicapé se voit restreint à une communication infra verbale, soit une
communication "originelle" qui s'est enrichie avec le temps, sans malheureusement atteindre un
niveau suffisant de performance.
C'est sur cette base que, en résumé, l'on peut construire un projet AAC.
Il arrive aussi que l'on soit face à des pathologies acquises, signifiant la perte du langage verbal.
Dans ce cas, l'approche est généralement plus complexe, confrontée notamment au processus
de deuil nécessaire, mais rarement accompli.
La méthode en général
Initialement et en présence des proches et de la famille, un bilan des compétences de
communication de la personne handicapée ET de son entourage est établi. Il permet, outre une
nécessaire connaissance du cas, de déterminer en quelque sorte le projet de rééducation dans
ses principaux paramètres, soit:
• les aspects satisfaisants caractérisant la communication existante,
• les déficits résultant de cette situation, particulièrement ceux faisant l'objet d'un consensus
tant du locuteur que des interlocuteurs.
Ce bilan, établi selon un schéma connu (GABUS, 1986 / *1), présente également l'avantage de
rendre compatible les attentes des proches et les possibilités des professionnels. Il est la
justification même du projet AAC.
L'approche de la méthode AAC respectera, pour chacune de ses étapes et tant que faire se
peut, une "CLAUSE DU BESOIN". En effet, proposer une activité sans que, à l'évidence, elle
s'inscrive dans la nécessité de l'amélioration de la "communicabilité" du système
locuteur/interlocuteur n'est pas recommandable... au contraire, cela peut signifier un rejet de ce
qui est proposé, considérant bien inutile un effort qui, il faut le reconnaître, est important.
A la manière dont le langage se développe, la méthode fait appel à des mécanismes stimulants
destinés non seulement au développement d'aptitudes nouvelles, mais aussi de l'appétence à
communiquer, tant pour les uns que pour les autres.
Les technologies généralement utilisées
A notre connaissance, 80% des projets réalisés à ce jour le sont dans le domaine du handicap
physique ou polyhandicap de l'enfant. Les applications pour les adultes présentant les mêmes
symptômes sont quantitativement moins développées, ainsi que celles relevant de pathologies
n'entraînant pas de handicap physique (trisomie, autisme, accidents vasculaires, maladies
entraînant la démence / indépendamment de l'âge). Ce dernier domaine est, à notre avis, le plus
important, en tous les cas sur le plan quantitatif. Il est curieux de constater qu'il ne fait
actuellement l'objet que de peu de travaux. Nous reviendrons sur ce point dans le dernier
chapitre de cet exposé.
Ces 80% de projets requièrent souvent des technologies relativement lourdes; aux problèmes
de "production de langage et de leur diffusion électronique parlée" s'ajoutent souvent ceux de
l'interface entre le sujet et sa machine. Une majorité des utilisateurs traditionnels ont besoin
d'interfaces "homme/machine" spéciales. Lorsqu'un clavier standard ou une souris ne suffisent
pas, l'usage de claviers ergonomiques (dimensions et formes différentes), de souris spéciales
(sphères de commandes, manche à balais, système de "licornes optiques") peut s'avérer
adéquat.
Trois éléments distincts caractérisent les aides techniques facilitant la communication. Comme
nous l'avons vu plus haut, l'interface ergonomique en est le premier. Le second est lié à la
sélection des items composant le nécessaire corpus de mots, actes de langages ou autres
locutions. En effet, mis à part celles n'offrant qu'une communication écrite, sans possibilité
d'accélérer le processus de communication, toutes les aides techniques contiennent, dans leur
mémoire, un "corpus de langage" créé généralement de cas en cas et progressivement.
Il est évident que le nombre d'items composant ce corpus est bien plus grand que le nombre
de "touches" d'un hypothétique clavier. Pour cette raison, il faut coder, c'est-à-dire donner
accès à un nombre important d'items (50-2000) au moyen d'un clavier contenant un nombre
raisonnable de "touches" (25-150). Le codage de ces items est complexe et plusieurs
possibilités sont disponibles actuellement, classées en deux principales catégories: le codage
par prédiction d'items (peu de charge cognitive, la liste des items apparaît selon les
présélections effectuées pas à pas - mais, en contrepartie, le temps d'accès est grand) et celui
par abréviations (lettres ou pictogrammes - rapide mais demandant une charge cognitive
importante) (Gabus - 1997- analyse et comparaisons des stratégies de codage).
Pour produire électroniquement de la voix, deux méthodes sont généralement utilisées: les
voix synthétiques ou digitale. Les voix de synthèse "reconstruisent" la parole à partir du texte
(qualité discutable, mais permet de tout dire...). La voix digitale (ou numérisée) enregistre les
sons ou la parole naturelle, comme le ferait un enregistreur. Si la qualité est généralement
bonne, le respect des dialectes ou accents locaux est possible, la technologie digitale ne permet
de dire que ce que l'on a préalablement enregistré.
Les nouvelles tendances
Dans le domaine des applications AAC traditionnelles décrites ci-dessus, les progrès et
tendances les plus marquantes sont, à notre avis, liés à la conscience qu'ont les professionnels
de l'importance d'avoir un savoir-faire dans ce domaine. De plus en plus de personnes se
forment en emploi et les structures de formation, en général, se développent (il reste encore du
chemin à parcourir!).
Techniquement, les efforts portent prioritairement sur les codages, dans le but de les simplifier
sans sacrifier la performance (rapidité de communication via l'aide technique), soit ce que l'on
peut considérer actuellement comme l'élément à la fois le moins performant et le plus complexe
à maîtriser par l'utilisateur (et le professionnel, si l'on évoque l'apprentissage).
Pour le reste, Monsieur De la Palisse aurait certainement dit:
• meilleure voix,
• plus petit,
• plus simple,
• moins coûteux,
• ...et plus rapide.
Les nouveaux domaines d'applications
Dans un point précédent, nous évoquions le très faible nombre d'expériences et de projets
destinés à des personnes ne présentant pas ou peu de handicap physique, mais souffrant par
exemple d'aphasie, d'autisme ou encore de trisomie pour ne citer que cela.





 

 

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