Une idée nouvelle n'est pas sans risque. Il n'est finalement pas si difficile de séduire des professionnels ou des parents avec un concept qui, théoriquement du moins, promet des résultats encourageants. Lorsque l'on se trouve face à un enfant présentant un handicap et que l'on ne voit pas de résultats suffisants dans ce que l'on entreprend par des moyens traditionnels, l'annonce d'une nouvelle idée peut facilement séduire tant des parents que des professionnels, au moins initialement. Soumettre une nouvelle idée à l'épreuve du temps s'avère indispensable. Etre en mesure d'en cerner les indications et les limites est également une nécessité.

Nous souhaitions aussi répondre potentiellement tant aux exigences qu'au scepticisme témoigné par le milieu académique face à une idée nouvelle. Nous avions l'objectif que le fruit de ce travail puisse, un jour et dès que possible, faire l'objet de travaux d'étudiants et, pourquoi pas

ultérieurement, faire l'objet d'un enseignement dans le cursus d'un étudiant du domaine pédagogique ou thérapeutique.

Finalement, nous avions aussi conscience que notre projet pourrait certainement avoir des applications dans de nombreux domaines dans lesquels, force est de le constater, ni les uns ni les autres ne bénéficient d'une solide expérience (dans le monde du handicap mental, il n'était pas rare que B.A.Bar soit la première expérience au moyen d'une aide technique "parlante"). Il s'agissait dès lors de se donner le temps et les moyens de découvrir ces nouveaux domaines d'applications.

C'est principalement en fonction de ce qui précède que nous avions souhaité consacrer environ deux tiers de nos ressources à l'évaluation de notre projet; nous imaginions nécessaire de suivre, une année durant, une centaine d'utilisateurs.


A l'origine du projet, en 1998, nous avons fait une pré-étude avec une dizaine de sujets ; nous voulions disposer de quelques expériences avant de procéder à une évaluation de plus grande envergure.

Dans cette phase du projet et dans le domaine de l'enfance, nous avons travaillé avec cinq enfants autistes, un enfant souffrant de dysarthrie, et, à des degrés divers, avec trois trisomiques (à l'Hôpital de l'Ile à Berne et au CHUV de Lausanne, nous commencions aussi avec des patients aphasiques).

Encouragés par les résultats obtenus après environ 18 mois, c'est en mai 2000 que nous pouvions commencer la deuxième phase se caractérisant principalement par:
  • durée de l'évaluation: mai 2000 à mai 2001;
  • 100 utilisateurs de B.A.Bar;
  • 35 équipes représentant environ 70 professionnels.
Il nous plaît particulièrement d'évoquer que les parents, les frères et sœurs ou encore les conjoints se sont très souvent impliqués directement. Pouvoir les y associer dès le début (dans la phase même où nous définissions notamment la clause du besoin et les diverses étapes nécessaires) est une des conditions qu'il faut, à notre avis, remplir.

Pendant la durée du projet, nous avons eu la possibilité de visiter trois fois chaque cas en moyenne. Une première visite correspondant avec le début du travail avec B.A.Bar. Nous déterminions ensemble la clause du besoin pour chaque cas et tentions de définir les premières activités qui seraient entreprises, tant sur le plan du contenu que sur celui de l'entourage et du temps qu'il serait souhaitable ou possible de consacrer au projet. Après environ 3 à 6 mois, une deuxième visite faisait suite à quelques contacts téléphoniques ; c'était l'occasion de "glaner" les premiers résultats et de confirmer ou préciser les objectifs initialement fixés.


En décembre 2000, nous avons réuni toutes les équipes et, une journée durant, avons échangé nos expériences réciproques. Outre des exposés de chaque équipe, une part importante du temps avait été laissée aux participants pour qu'ils puissent présenter leurs travaux pratiques. Ces moments d'échanges nous ont été à tous très précieux.

Une troisième visite sur site a été faite avant la tenue, à Neuchâtel, d'un séminaire "final" de deux jours.

A cette occasion, les résultats de toutes les équipes ont été présentés. Les actes présentant ce travail contiennent près de

1'000 pages (!). 85 cas sont présentés dans trois volets, soit:
  • une présentation du cas et des objectifs suivis;
  • un questionnaire final d'évaluation, avec les réponses relatives au cas;
  • quelques exemples de travaux pratiques réalisés.

En "navigant" sur notre site FST-B.A.Bar, vous pouvez accéder à l'ensemble des informations selon des critères sélectifs (voir rubriques "Exemples" ou "Evaluation").

 
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